GR 5 - BIVOUAC DU 21 août à NICE (21/08/2013)

Le temps splendide, 22°, 56 % d'humidité

Ca y est, j'y suis, j'ai goûté l'eau salée de la mer!

Ce matin, je suis parti en marche arrière pour aller retrouver le GR 5. Je ne peux pas concevoir d'arriver à Nice par un autre chemin. Alors, je vais rejoindre le pied du Mont Chauve et enfin je le retrouve et reprends cette fois la descente sur Nice.

Plus question de senteurs, juste la vue aujourd'hui, harmonie de couleurs, la ville en contrebas avec ses couleurs pastel dues au soleil rasant. Puis, plus loin, le bleu indigo de la mer qui, vers la plage, devient vert émeraude.

Je continue à descendre vers Nice mais, à un moment, je sens que le chemin de gauche monte sur un promontoire. Allez, j'embraye. Effectivement, je sors de la garrigue et me retrouve sur un espace dégagé. Je m'arrête, respire à pleins poumons. Ca y est, j'y suis. Un petit moment d'émotion, seul sur mon promontoire face à Nica La Bella.

J'hésite à repartir, je profite de cet instant, j'hume ce moment calme avant de descendre. Oui, je fais de grandes inspirations à fond. Je vais retrouver tous les bruits laissés derrière moi depuis 57 jours, 56 de marche et un de repos.

Voilà une aventure qui se termine pour moi, debout, en pleine santé. J'ai gambergé, oui, normal quand on marche aussi longtemps. Je suis parti avec toutes mes joies, mes plaisirs, mes peines, mes douleurs, mes doutes et ici, tout est encore là mais mieux rangé.

Je suis serein mais je n'ai pas l'impression d'avoir marché 1600 km, pour mon corps, lui, a déjà relâché. Il sait que c'est fini, ma tête, pas encore, mais demain ce sera fait. En attendant, je profite de la douceur méditerranéenne et de la chaleur de la ville. Je sais que demain je reviens à la réalité de la vie. Là, je n'avais pas trop de soucis, juste savoir quoi manger et marcher, la vie simple quoi!

Je reprends la descente, léger. Je ne sens plus mes jambes. Je traverse la dernière oliveraie avant de trouver le bitume jusqu'à la fin du GR. La maison de l'Environnement, je reçois une casquette de ville, super.

De là, je file tout droit à la mer. Ah, c'est vrai! J'ai rendez-vous avec Nice Matin au bord de l'eau. Dès que c'est fini, je plonge. Voilà ma peau ruisselle et le sel se dépose sous la douce caresse du soleil.

Assis sur les galets, je regarde l'horizon, un voilier au large, au près serré, file droit vers Gibraltar... Où va-t-il?

Jean-Yves

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